Pense à mes doigts qui te pressent. Pense à mes doigts qui pressent et dedans la pensée qui apaise. Ressens cette pression et dedans ce que ça dit lentement. Pense au temps très lent que véhicule les doigts. Pense au cheminement de la pensée à travers les doigts qui se posent sur toi. Pense à la main qui te presse et fait circuler les flux en toi pour t’apaiser. Pense à l’apaisement que procure mes doigts. Pense à ce qui coule en dedans et vient en toi. Pense à l’endormissement qui pense à travers eux. Pense que ça vient de loin. Pense que ça coule et chemine vers toi par la main et les doigts qui sont sur toi. Pense au long cheminement de ce qui se pense au-dedans. Pense à ces doigts qui véhiculent des flux pour t’endormir. Pense à ce que je pense et fais circuler dans mes doigts. Pense à cet endormissement très lourd. Pense qu’il vient de loin. Il a cheminé longtemps. Pense à ce sommeil qui a une longue route devant lui. Comme un marcheur qui parcours une très longue distance. Pense à ce sommeil qui te prend doucement à travers les flux que véhiculent les doigts qui se posent sur toi. Ils sont lourds. Il y a un long chemin encore à parcourir. Pense à ce sommeil comme un marcheur qui prend un petit sentier. Pense le sentier dans les mains et les doigts. Pense aux pieds du marcheur. Pense qu’il en a pour long avant d’arriver à son but. Pense que son but est un long sommeil profond et pénétrant. Pense à ce sommeil qui te pénètre doucement. Il y a ce marcheur qui est derrière une maison et face à un sentier qui longe la maison. Il en a pour longtemps avant d’arriver. Il a pris derrière la maison. Là où il y a de l’ombre. Il commence sa marche. Il prend par ce petit sentier qui longe aussi un champ de maïs. Ce ne sont pas encore de grands maïs. Il va continuer le long de la palissade et du champ de maïs puis il va arriver à une première rive. Puis il va monter un talus et marcher le long d’un champ labouré. Puis il y aura des barbelés qu’il va franchir. Il n’a pas fini de marcher. Il marche longuement et à pas lourds. Il a tout son temps. Il ne sait pas où est la fin. Il continue de marcher le long de plusieurs champs puis il arrive dans des pâtures. Ça sent la bouse de vache et les champignons. Il continue à fouler l’herbe. Les pâtures sont très grandes. On n’en voit pas le bout. Il continue de traverser plusieurs champs et plusieurs pâtures. Il descend sur une route. Elle est pavée et petite. Il la longe. Il va vers le pont. Il monte sur le pont puis il le redescend. Il repart dans un champ de blé jeune. Tout pousse doucement. Tout est jeune. La vie commence. Il continue d’avancer. Il continue sans s’arrêter. Il marche d’un pas lourd. Il n’est pas arrivé. Il va vers l’autre village. Il voit de loin un autre village encore. On n’entend rien. On arrive près de grands arbres. Il y a des arbres qui ont des troncs ouverts. Ils ont de très longues branches. Il se met dans le tronc de l’arbre. Puis il se relève. Il n’a pas le temps. Il faut repartir loin. Il faut atteindre l’horizon. Il faut marcher et prendre tous les sentiers. Tous les chemins au bord des champs. Toutes les routes. Il faut regarder la route. Il faut voir jusqu’où elle va. Il faut regarder cette longue route. Il faut marcher et regarder droit devant. Puis aussi pencher sa tête. Regarder la route. Penser à la route. Ne plus penser qu’à la route. Le mot route. Dire la route la route la route. Continuer longtemps, longtemps, longtemps. Dire la route, la route, la route. Longtemps, longtemps, longtemps. La route, la route, la route