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en pensant à Eric Duyckaerts

Le poète est tombé dans l’escalier, il est tombé dehors puis dans l’escalier, ce n’est pas le premier escalier que prend le poète, il en a pris plein et il est tombé plein de fois dedans, comme il est tombé aussi dehors, il est tombé à plat au dehors comme au dedans, il est tombé plein de fois comme ça, en s’étalant, le poète s’est étalé sur le sol ou sur les marches, il a glissé, il a dérapé, il s’est regardé tomber tout droit, personne ne pouvait jamais le retenir, car il tombait toujours au moment où on ne faisait plus attention à lui, dès que les gens avaient le dos tourné il tombait, dès que les gens tournaient leur regard ailleurs, il en profitait pour tomber sur le sol, ce n’est même pas lui qui tombait, c’était eux, c’était les gens en lui qui tombaient, ils tombaient de lui car c’est lui qui ne les soutenait plus, il avait déjà du mal à les soutenir mais quand les gens ne le regardaient plus le poète voulait se débarrasser d’eux alors il tombait à plat sur le sol ou dans l’escalier, dès que quelqu’un détournait son regard, il suffisait qu’il y en ait qu’un qui ne le regarde plus et hop ! le poète en profitait pour faire patatras, il faisait patatras et alors tout le monde se rassemblait pour le ramasser, il fallait toujours être à plusieurs pour le ramasser et pour le soutenir, mais en vérité ce que ne savaient pas les gens c’est que c’est lui, le poète, qui soutenait tous ces gens, il n’en pouvait plus de tout soutenir alors dès qu’il pouvait se dérober aux regards il se carapatait vers le sol, dès que plus personne ne prêtait attention à lui il faisait patatras, c’était le poète du patatras, c’est comme ça qu’on l’appelait car dès qu’il arrivait quelque part on savait qu’à un moment donné il ferait patatras et que quelqu’un serait là pour le soulever, souvent il y avait des amis à lui qui le soutenait, parfois il pouvait parcourir des kilomètres en étant soutenu par des amis proches, mais dès que ses amis faisaient faux bond alors il réalisait un vrai bond sur le sol, mais ce n’est pas vraiment lui qui pratiquait cette glissade mais la vie, c’était la vie même qui voulait la glissade, car le poète soutenait aussi la vie à longueur de temps, il la soutenait plus que n’importe qui et donc ça n’était parfois plus supportable de soutenir à ce point la vie en lui, il lui fallait tomber comme une marionnette, comme s’il était devenu un pantin et à un pantin on ne demande pas d’être vivant, à un pantin on ne demande pas de vivre continuellement, c’est pour ça que souvent le poète voulait jouer au pantin qui ne soutient plus rien même pas la vie, car la vie pouvait vivre ailleurs hors de lui, elle pouvait prendre son envol et laisser le poète se ratatiner où bon lui semble, c’est ça qu’il voulait parfois le poète, laisser entrer le ratatinement en lui, le ratatinement de tous les autres mais aussi de la vie même.

tu ne sais rien (vous pouvez mettre les sous-titres en anglais)

DICTAPHONES (vinyle réalisé avec le Frac Franche Comté)

il reste toujours des dictaphones à vendre sur ce site
c'est-à-dire un vinyl (dont le titre est Dictaphones)
qui regroupe en divers arrangements plusieurs pièces d'improvisations
réalisées dans les années 90, 2000 et 2010. le disque est envoyé dédicacé avec un dessin, une écriture...   

VOUS POUVEZ EN COMMANDER ICI 

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Faites d'abord un brouillon

tous les jours on se fait dessus

petite video faite le 16 janvier aux Bains-Douches, Alençon.

 

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vous pouvez commander directement des livres ou des disques dédicacés

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Gabineau-les-bobines

NATHALIE QUINTANE,  SUR LE SITE DE SITAUDIS :

"Lulu, Gégène, Mamie Reine, Nono et Quatre-vingt-livres, la Tchichette (qui est un homme), Vallonia et tous les tontons, Charpie et Charlie… et le fameux Gabineau, qui donne son nom au livre mais ne vient pas, se fait attendre, pointe son fantôme comme un double de Gégène, son grand ami, les seuls à correspondre et à se correspondre sans doute (mais on se saura pas comment), quand tous tournent et passent, régulièrement reviennent puis disparaissent, dans un jeu d'échos et de reprises qui aurait pu les changer en silhouettes, esquisses, seconds rôles, alors que c'est précisément ce qu'ils ne sont jamais tant il y a d'empathie, de distance et d'amour dans la manière dont ils conduisent le récit — qui est ce en quoi consistent leurs « portraits », mobiles, d'un lieu à l'autre, d'une situation à l'autre. 

Personne ici n'est un héros : on est dans un milieu populaire mais pas seulement (ouvrier, gendarme, instituteur, professeur…), en famille (beaucoup d'enfants, des brus, des belles-mères, des frères et des sœurs ; le père : Gégène ; la mère : Lulu), plutôt catholique, et dans le Nord (le Cambraisis, à Thun-Saint-Père, dont on se demande si les habitants sont les Thunépéréens ou les Thunépérins, voire les Thunépatériens — Pennequin et le lecteur s'amusent bien avec les noms propres). Les bobines de Gabineau, ce ne sont pas seulement les tronches ou le défilé des visages, mais aussi celles d'un film, de films, les films du livre, comme il y a les musiques du livre. Régulièrement passent des allusions aux enregistrements, pellicules et bandes, K7, où puise un récit sans chronologie (on devine Charlie enfant, puis Charlie père de famille et enfant à nouveau, par exemple), où les personnages se télescopent au propre comme au figuré (c'est vachard aussi) dans un temps sans queue ni tête, avançant par sauts brusques, dont rendent compte la syntaxe et l'absence de virgules : « En quatrième Charlie est tonton deux fois de suite et au réveillon du nouvel an il y a un accouchement en direct d'un bébé qui aura vingt ans en l'an deux mille. »

Quel seuil Pennequin a-t-il dû passer pour que le poète qu'il est écrive (enfin) le roman qui l'attendait ? C'est sans importance pour celles et ceux qui liront ce livre auquel il n'y a rien à retrancher, peut-être parce que l'auteur a, lui, volontairement ôté tout ce qui pouvait à la longue virer aux tics poétiques qui font encore la misère plus que la fortune de tant d'épigones. Fin d'une époque. "

exemplaires de tête

CD Tué mon amour. Avec JF Pauvros, production Trace Label, ici quelques exemplaires faits main https://www.charles-pennequin.com/charles-pennequin-le-millionnaire/vend/prod_EO8u52jziKG8Fz

la vie au photomaton

article de Didier Ardonnet pour Art Press (fév 19)