Charles Pennequin et Armée Noire

Blog Armée Noire

 

 

je tuerai ta tête

23/10/2014 - 12:15

je ne sais pas si je vais me tuer je ne sais pas si je vais encore vouloir en savoir avec moi, avec ma tête je ne sais pas si c'est moi ou si c'est la tête qui veut que je me tue, si je tue le moi de la tête ou le moi de moi  je ne sais pas si je vais me faire voir en moi quand je me tuerai dans la tête quand j'aurais la bouche quand la bouche dira tout le tué de moi que j'avais dans la tête

nous marchons comme des morts, nous avons la tête basse, nous descendons à la pendaison dans la société, nous somme les familles de morts en action, nous nous dévorons sans savoir, je veux dire nous influons de la mort dans nos têtes, la mort nous permet de penser, notre action pue, notre détermination est puante aussi, honte à la vie, honte à ce néant qui tourne, il tourne autour de nous, il nous faut crever continuellement par nos actions.

je ne sais pas si je vais encore me regarder

je ne sais pas si je vais apprendre à plus me voir

le jour où j'apprends à plus me voir je saurais me regarder

je regarderais le trou où je me suis parlé la dernière fois

la dernière fois où je me suis vu

j'ai essayé d'ignorer ma tête quelques instants

j'ai essayé de m'oublier en tête

quelques temps avant de me revoir

de me revoir en mots

sortis tout droits du trou d'où j'aurais disparu

disparu de ma vue

comme un cloporte

un petit trou en moi pour creuser l'être. pour mettre en terre le cerveau. pour le brancher au mort qui parle dans mon crâne. il y a toujours un mort qui parle dans notre crâne. le mort nous sort. il sort de l'intérieur du trou. pour nous vômir de lui. on est vomit de nous avec le mort. c'est le mort qui veut nous vider de nous. parce qu'on est de trop. on est toujours en trop quand on habite chez l'autre. il nous faudrait un chez soi plus commode. plus petit. avec un tout petit trou. pour mettre le tout petit cerveau. on le tiendrait au bord. on serait en bouche. on serait à nous. au bord de lui. et toujours prêt à sortir.

j'ai comme un trou en moi. un gros trou de mort. et c'est tout moi. d'être mort. ou d'être en le trou d'un mort. le mort qui sort. il sort tout seul. il va dehors. le mort sorti seul est dehors. et le gros trou de lui est dedans. le gros trou de mort c'est moi.

je plante un gros clou dans mon crâne. j'ai décidé. j'ai voulu faire un trou avec le marteau. je cogne. ça rentre. ça veut rentrer dans le crâne. le clou me perce. la tête peut regarder dehors. elle peut respirer de l'air. je peux enfin vivre avec un trou en tête.

planter des gros clous dans mon crâne de mort. dans le petit mort en moi. la petite tête. je voudrais faire des trous comme le gruyère dans le cerveau petit mort. comme ça il peut se voir en trou. il peut penser ses petits trous de mort en lui. il peut devenir les petits trous. il peut se voir en mort mais comme le gruyère. je peux faire des trous avec la perceuse aussi. sur tout mon corps le petit mort. les petits trous de lui-même pour respirer. pour voir le mort par tous les bouts. pour se revoir en trous. en trous bien morts. et faire des trous dedans comme dans la pâte. creuser dedans comme dans du pain. pour que ça lève. mais le mort ne se lève pas. la pâte est cuite. le pain est plein. il faut creuser vers le dedans. pour enlever la mie. avec un bon gros bout de gruyère sur la table. et puis les petits trous de nous en dedans. les petits trous qui continuent toujours en moi de creuser.

un jour je tuerai ta tête. un jour je tuerai. je serai tué. le jour où je te tue. je tue ta tête. un jour. une journée pleine et entière consacrée au tuage de ta tête. un jour je tue la tête qui t’a faite. la tête faite toi. je me la fais. je me payerai ta tête le jour. celui où je me suis mis dans l’idée de le faire. de faire la tête à toi. je te tuerai en tête. en tête le toi. je le mettrai dedans. je le mets dans ma tête. ma tête de mort de tête. je tuerai la mort de toi en moi. en ma tête. ou je la ferai vivre. je ferai vivre l’envie de te voir mort. tu es déjà mort en moi. tu es le mort de moi. mon propre moi. mon mort. ma tête. tu me tues. tu es ma mort pleine et entière en une journée. une journée à vivre le moment de toi dans ma tête de mort. c’est le jour plein. c’est plein de la tuerie de tête aujourd’hui. de la tuerie bien pleine. comme une bonne tête. une boule bien pleine. ou comme un œuf. le cerveau mort est comme un œuf cuit dur. on tape dedans. comme dans le dur de l’être. on voit le blanc. on voit sortir le cuit. tout le cuit dur de nous. ça sort en plein. ça sort au jour. le plein de tête dans du plein air. ça sort de nous. tout le vivant ressort de par le haut. le plein de vie. il sort toujours tué.

 

L'ORIGINE DU MAL...

filmé dans les toilettes handicapés du générateur gentilly...

Horloge Solaire

16/10/2014 - 12:48

si près le vide Tic Tac les montagnes gravies dans silence s'écroulent là haut à peine un peu d'air frais à respirer à toute allure les rayons brûlent les peaux les eaux où je plonge sont déluge Tic avant que plastique nos cerveaux ne fondent en un seul magma Tic Tac les corps se glissent et tentent de combler les failles de l'esprit Tac le lent tissage invisible se défait Tac Tic si loin sans me toucher tu cristallises et je te vois en transparence de l'autre côté du trou de ver

la fiancée

Dans
16/10/2014 - 11:59

Durant cette nuit j’ai repensé encore à la fiancée. A celle que je veux toujours embrasser. Et l’autre jour on était pourtant bien parti pour ça. On a quitté tout le monde pour aller se fourrer au lit, mais elle n'a même pas voulu que je l'embrasse. Je m'en faisais une joie depuis une bonne semaine. Avant, elle me tenait avec son autre histoire d'amour. J'ai déjà un truc sur le feu, qu’elle me disait. Mais ça s'est vite évaporé. Elle y croyait pourtant à fond. Elle voulait donc pas faire de doublons. Créer un nouveau poste. Je peux pas cumuler les emplois, qu’elle me disait. Il y a des lois là-dessus, surtout si c’est des emplois fictifs, ça rigole plus. Elle pouvait pas faire mine d’en embrasser un, puis faire mine d’en embrasser un autre. Ça se fait pas dans nos sociétés. C'est pas moral. La fidélité on y croit. On est pas descendu là pour faire n'importe quoi avec nos lubies. Et aujourd'hui elle veut pas ici non plus baiser. Elle dit que c'est encore trop frais. Trop de vieux baisers la couvre, dit-elle. Trop d'embrassades anciennes nuisent au baiser. Pourtant moi je voulais bien de sa bouche. Du coup, j'ai pensé à une autre femme, mais elle voulait pas non plus. Personne veut plus à l'heure qu'il est. Plus personne sur le pont. On a tous décarré du cul. C'est l’ami ronron qui a cette charmante formule. Il pense que le sexe c'est plus dans le vent, faut inventer autre chose. Faut s'inventer d'autres manières que celles-ci. Celles-ci elles sont bonnes pour les dinosaures. Les vieux crapauds au bord du congélo. Les écrivains en gros. Les écrivains, il leur faut d'autres plans que la baise. Il leur faut du politique. Il faut que ça cause de terme bien définis. Il faut creuser la science avec d'autres verbes. Et pas le verbe enculer s’il vous plait. Le verbe enculer les mouches à la rigueur. Ça on peut encore. On peut toujours enculer les mouches en écriture. Ça sera toujours ça de fait. Ça sera toujours ça de pris, comme dit ronron. Toujours ça que les autres auront pas. Comment je défends mon bout de gras. Je couche, mais je baise pas. Je pense, mais je mouille jamais. Faut jamais que ça mouille dans la vie, c'est-à-dire dans l'écrit. Car l'écrit c'est la vie. Ça se tutoie. Ça se refile les bons plans. Les tuyaux. Ça file droit. Ça file tout droit dans la pensée, juste à côté du monde. Juste à côté de ses pompes. Ça fait filer et surfiler. Tout près du bruit. En parallèle à la petite musique du vivant. Le vivant post-génomique, comme dit Atlan. Le vivant post-atomisé. Le vivant post coups-de-triques. Le tricard quoi. Plus de plans sur la comète avec la bite ! Finis les baisodromes ! Et pourquoi à votre avis on ouvrira ici jamais un bordel ? Comment démolir tout votre bordel ? Et se faire construire un abris anti-baise. Offrez-vous un ravalement pour la postérité. Faites-vous poser un cathéter en acier. Une chaudière ou un carillon tubulaire à la naissance. Bétonnez-vous l'angoisse. Laissez-vous faire. Vous n'allez plus jouir. Vous allez douiller. Vous douillerez pour l'éternité, avec ce bazar qu'on sur-n'homme l'humanité.

IMG_20130207_223109.jpg

son décolleté

14/10/2014 - 17:26

son décolleté et ses faux seins ont créé la polémique le guignol ministre bande pour une actrice minable refaite il lui a offert un cadeau un peu gênant une pneumonie allemande et une bouteille cuvée contribuable exclusif sa soeur serait une star pédophile des années 80 il a exhibé sa collection de chaussures de luxe devant la presse servile les crétins de wall street ces voleurs finissent la semaine de bonne humeur car il y a eu des blessés dans des heurts avec la police chez les salafistes barbus du bled loin où c'est tout sec mais où au dessous y'a des minerais à piller et d'autres veines à saigner pas un jour ne passe sans qu'ils nous montrent combien ils s'aiment les 100.000 foyers privés d'électricité chez les larbins beaufs de province leurs petits lotissements atomisés vie de merde les 25 ensembles des plus funny et sexys pour les nés sans doigts qui en profitent pour nous dévoiler leur hallucinant salaire pour une heure en boîte de nuit topless retrouvez les actualités ce sont les sports et les finances et les produits pour elles et pour lui les actualités aussi on va lui faire bouffer ces moustaches de hipster et son slim profitez-en découvrez comment cette ex-star dépressive toute refaite bouche en canard qui a isolé sa demi-soeur estropiée et l'a défigurée en chemise rose et mini-jupe pendant le photo-call 10 trucs make-up à lui piquer pour ressembler à cette triste poufiasse cliquez ici pour voir les autres photos des morts découvrez les cours de la bourse des matières premières et où ça crève le mieux et le plus vite découvrez comment elle a dit adieu à sa petite robe noir et argent et comment on en a rien à foutre d'elle qui a un nouveau boyfriend de vingt ans son aîné qui la trompe avec sa voisine grand-mère paralytique découvrez les photos de leur chambre design qui pue la haute-bourgeoise pornographique et la chambre tout en cuir et en diamant de leur enfant euthanasié parce qu'il en avait déjà trop vu sur sa tablette numérique quant à la première dame elle était sublimement à l'aise dans son sac poubelle la tête coupée on craque pour sa collection de bijoux friandise à base de restes humains offre spéciale lancement vente privée connectez vous vite et identifiez vous pour tout savoir avant tout le monde bonne nuit à toutes et à tous.

eNguEuladE

10/10/2014 - 14:36

Je viens de rentrer, un peu tard et pas totalement. Je viens de rentrer pas totalement mais un peu tard. Je viens de rentrer un peu, en retard mais pas totalement. Je viens de rentrer totalement en retard mais pas totalement rentré. Je viens de rentrer, je suis presque rentré en retard mais pas totalement rentré. Je viens de presque rentré, pas totalement. Tu me dis que je suis en retard, mais pas exactement, pas rexactement rentré donc en retard. Mais je suis presque rentré en retard mais pas totalement. Un peu tard mais presque rentré. Je suis presque rentré totalement en retard, presque rentré pas totalement. Tu me dis que je suis pas rentré, et que je suis en retard. Mais je suis presque rentré, totalement en retard et t'étais pas là. Je suis totalement sorti pour te chercher. Je ne suis pas totalement rentré vu que je suis sorti après être rentré en retard. Je suis sorti en retard pour te chercher totalement. Je t'ai totalement cherché, en retard, dehors. Dehors je suis arrivé en retard, pas totalement. Je suis pas totalement arrivé dehors car je suis pas rentré entièrement. Je suis rentré et je suis sorti. Je suis nulle part et toi t'es où tu me dis. Je suis dehors, entièrement sorti et pas totalement rentré. Dehors. Je suis arrivé dehors après être sorti de dedans, pas totalement arrivé dedans mais presque dehors. Je suis presque dedans, pas totalement dehors et je te cherche. Je te cherche entièrement. Je cherche entièrement à te sortir de cette discussion. Mais je suis totalement rentré presque en retard dans la discussion et il est trop tard. Je suis presque rentré dedans mais j'ai préféré te chercher totalement dehors.
Tu me réponds que je ne m'en sortirais pas comme ça. Je ne peux pas m'en sortir, vu que je suis pas encore rentré. Tu me dis que j'évite la confrontation. Je te dis que je suis dans la confrontation mais pas totalement, que je ne peux pas être dedans. Sinon je serai rentré, entièrement dedans.

Des trous dans la langue

09/10/2014 - 00:00

glose en glosso lalies
sur ligne tes syl labes
mets du gloss sur tes signes
ceux qui sonnent et songes
y a des trous dans ma langue

dont le sens se niche
dans les tics, les inters tices,
les plis les creux les pleins
les cav ités forées dans l'idio me qui braille
y a des trous dans ma langue

les respi rations pour tant mu ettes
se lisent en néga tif
se prêtent à l'inter prétation, la pré dation
petit jeu herméneutique
pour parole chris tique
y a des trous dans ma langue

y en a plein des dé liés
frac tures fric tions scis sions
suc cession de lésions
légion de liai sons niées
pliées priées de se taire
y a des trous dans ma langue

pour ex pier ta vol ubi lité
tu te l'es ex cisée
faut main tenant co tériser
l'hos pitaliser, l'espital lier
re trouver sa lis ibi lité
y a des trous dans ma langue

elle a ex plosé et ex pose,
c'est cliché, son intim ité
fait des pauses, prend la pose
dé pouillée en écor chée
y a des trous dans ma langue

ouvrir les mains, laisser cou ler
comme dans un pan ier percé
se pencher pour ra masser
ingur giter sa ra tion de mots fé conds
n'y pense même pas faut pas rêver

Syndiquer le contenu