Charles Pennequin et Armée Noire

Blog Armée Noire

 

 

Les cyniques

13/11/2014 - 19:29

Jour 1

Une réunion. Une de plus. Tenir. Sourire. Faire semblant. Surtout devant elle. Polie la petite salope. Aimable pour une petite pute qui veut ma peau. Ma peau c’est ma circonscription. Mon siège de député. Elle veut me débouter. Je vais la foutre au croc de boucher. La finir à la pisse. En attendant je l’amadoue. Je fais la moue. Je lui dis oui. Oui Oui Evelyn bien sûr les collectivités territoriales doivent être réformées. Oui, il faut moderniser l’action publique. Oui, les roms pullulent dans nos rues. Oui, les jeunes de cité sont soit djihadistes soit émeutiers. Oui, il faut protéger la famille. Oui, les entreprises ne veulent plus payer les taxes de l’État. Oui, il faut s’appuyer sur les syndicats pour empêcher la grève. Oui, l’homosexualité est une mode. Oui la jeunesse est une maladie. Oui, la culture on s’en fout. Oui, le racolage passif et la prostitution sont immorales (quoique je serai bien emmerdé), oui Evelyn oui. La réunion va plus vite avec des oui. Il est temps de se barrer. Ma secrétaire me dis déjeuner avec le préfet à 13h. Obligé de m’y rendre. C’est moi qui l’ai convoqué. On veut des résultats là-haut. Et le résultat c’est moi. Moi qui réduit la délinquance, moi qui fait baisser la mortalité sur les routes moi qui suis toujours là quand on a besoin de moi la-haut, espère qu’il m’oublieront pas au prochain remaniement. Tu te vois toi Place Beauveau. Ou Place Vendôme. Ou au Palais Royal. Les ors de la République. Les vieilles dorures. Les vielles portes en bois. Les majordomes et les tapis. L’argenterie. Les caves à vin. Les frais de bouches. Les havanes. Les Falcon. Les hôtesses. Les grands hôtels. Les poignées de main. Les gardes du corps. Les photographes. Tout le monde qui te suce. Ils te veulent tous chez eux. Ils veulent te sucer chez eux. Et toi refuser en prince. Etre ministre c’est être distant. Gérer la distance. Et la dose de parfum. Ça sent bon un ministre. C’est bien propre. Ça a bon goût. Pas ce vieux goût de merde rance qu’on les petits maires aigris. Ou les députés de second rang. Ceux qui arrivent les premiers dans l’hémicycle pour qu’on les remarque. Toi tu es en haut. Toi ton nom est déjà inscrit sur ta place. Toi c’est ta bobine dans le journal. Toi c’est une rente à vie. Toi c’est le chauffeur et la citroën noire. Toi c’est un porte-feuille rembourré comme un gros cul. Toi c’est tes amis qui engrenge. Toi c’est un nouveau stade dans ta ville. Toi c’est l’amour des électeurs. Toi c’est le pied. Toi c’est la carte noire. Toi c’est fini les files d’attentes.
En attendant j’ai vu le préfet, signé des contrats, fait une conférence de presse, mis une main aux fesses de mon attachée Adeline de quelque chose, but trois coupes de champagne, sillonné Paris au moins 6 fois avec des girophares et des motos en compagnie du PM, fait une réunion avec le groupe parlementaire, discuté avec Nicolas, appelé ma femme, dîné au Bristol, appelé ma femme, rendez vous chez un camarade dans les affaires, appartement du 7e arrondissement, vue circulaire sur l’école militaire, des têtes d’huile et des pépés, rien à redire.

Un bon fauteuil en cuir rouge. Un gros verre de wishki. on parle de la météo. On parle affaire. Faut investir en Afrique, l’uranium a la cote, la Lybie c’est dangeureux, l’armée est prête, les généraux veulent tester leur drone, Dassault veut vendre sa féraille, le gouvernement est d’accord, y a des marchés à conquérir, les chinois sont dans le coin, tu me rends un service, je te donne 50 000 pour débuter, dollars ? euros ! ok, quelle vie de chien, le monde s’est compliqué, il paraît que les jeunes foutent le feu aux bagnoles dans ma ville, l’info tombe, j’écris au préfet de gérer ce soir, deux blondes viennent à côté de nous, Alfred dit qu’elles sont suisses, je dirai albanaise avec l’accent, en tout cas j’aime le chocolat, suisse ou pas, deux secondes je reviens, besoin d’aller aux chiottes, me repoudrer le nez, y a des traces des derniers, de la farine vite, ça y est jme sens mieux, j’vais les baiser toutes les deux, elles vont prendre chère, j’aime le chocolat, je vais prendre mon temps, pour être au top, faut que je chie avant, sur ce trône en ivoire, ça y est, je pousse, c’est bizarre, ça vient pas, y a comme une chaleur à l’intérieur, un truc qui brûle, ça pousse mais ça vient pas, j’ai le cul coincé dans la cuvette, ça y est, ça jouis, je lâche tout, je suis noir de merde, quel enfer, ça brûle à l’intérieur, le cœur qui s’emballe, tachicardie, le cardiologue a dit faut arrêter de fumer, les jambes faibles, foule d’hypothèse au cerveau, non pas ça, le sang monte, le cardiologue a dis, j’ai mal, y a ma femme qui m’engueule, j’ai très mal, et les petites, j’ai le cul plein de merde, bordel le cardiologue a dis, les petites, mes filles, pas crever ici, pas comme ça, j’ai archi-mal, le parti serait dans la mouise, je vais rester coincer à cause de cette lunette, mes électeurs, pas la force de crier, aphone, le cœur qui bat, douleur à s’arracher le bras, paralysie faciale, le cardiologue a dit, plus de discours, ça résonne dans la tête, les mots d’hier avec le président, ça brûle, argh, je bave ma bile, ça fait trop mal, le cardiologue a dis, plus de charcuterie corse, salope d’Evelyn, je la vois à mon bureau, une photo souvenir de moi, c’est l’enterrement, les filles pleurent, une pierre tombale rose marbre, les journaux avec ma gueule dans des chiottes dorée, un couronne de fleur pour ce César emmerdé, si près du but, le cardiologue a dis attention à 50 ans, on parlait de mois à Beauveau, j’étais un poids lourd, je suis trop gros a dis le cardiologue, attention à vos selles, tout est à chier dans ce pays, c’est ironique, je meure dans la constipation généralisée, atteindre la poignée, la main faible, poisseuse, j’ai trop grossis le cardiologue a dis, ultime effort, je décolle, me lâche pas, le palpitant est à bout, j’vais crever, y aura rien derrière, passer l’éternité dans les chiottes, ou dans le noir, ou dans la merde, enfoiré de cardiologue à 500 euros la consultation pourrait m’éviter de clamser dans les gogues, ça y est la porte oui, peut-être l’ouvrir, la Suisse est là, oh non, seigneur pas ça, maman, j’ai peur, Sylvie aide moi ! arrachement de l’intérieur, craquement de l’abdomen, trou noir, la tête chute en avant, le corps lourd avec, battement de porte, bruit sourd, gargouillis du trône, la tête rouge congestionnée, le cul à l’air, la blonde pousse un hurlement de dégoût, on accourt, il est 2 heures 34 du matin, le député Monsieur C est mort d’une crise cardiaque dans des WC du 7e arrondissement chez un sulfureux homme d’affaire parisien.

Jour 2

Je sors de chez moi. Boite aux lettres. Les petits oiseaux de la poste ne sont pas passés.
La main qui racle le métal froid. La gardienne sort les poubelles. Il est 13 heures. Elle me regarde avec une pitié vigilante. Pauvre type à cet âge ne fout rien. Elle est s’est levée à 7 heures, elle a déjà fait la cuisine, lavé l’immeuble, distribué le courrier, sortie les poubelles, pris une douche, allumé sa télévision, pensé à son mari qui lui fera l’amour ce soir, à sa fille qui rate ses études d’infirmière, à sa maison du Portugal et des travaux qui n’avancent pas, du crédit pour l’impôt, de la gérante de l’immeuble qui veut raboter ses honoraires.
Et moi rien. J’ai dormis. J’ai rêvé d’une gonzesse nue. Des seins magnifiques. Elle me regardait en riant. Peut-être une actrice de film porno. J’arrivais pas à la toucher dans le rêve. J’ai un souvenir de cendre. J’ai bu toute la nuit. J’ai oublié le rendez vous du médecin. Je vais manger chez ma mère. Elle me fera uns steak avec une purée. Des carottes râpées. Un éclair au café. Après je lui demanderai 200 balles pour payer mes sorties, ma mutuelle et mes clopes. Un assisté. RSA j’aime ça. J’aime le RSA de Papa. Y en aurait qui me traiterait de bourgeois. Sale bourgeois. Mais moi j’men fou. J’ai rien demandé. J’ai pas demandé d’être bourgeois. La gardienne je lui ai rien demandé. Je suis correcte, je lui dis bonjour, j’essaie de voir sa fille à travers les rideaux mais elle n’est pas là. Un jour je lui proposerai de monter. Son père me fait un peu peur. Un maçon portugais. Elle est plutôt blonde. Plutôt ronde. J’aime bien ça. Elle ressemble à Elise. Mon ex. Et aussi à Clothilde. Mon ex d’avant mon ex. J’allume une indu. La tête dans un étau. Les roms qui dormaient hier soir sont plus là. Eux-aussi levé et barré. A ce soir les gars ! Y en a un à qui je file parfois 2 balles. Là je les ai pas. A chaque fois qu’un type passe il fait un sourire bizarre et gueule : « Pas grave, la prochaine fois ». Comme si des types qui passent place Voltaire allait repasser là, devant lui et sa bobine de gitan, avec son bonnet et son sourire mordoré. Comme si les types de ce quartier allaient lui donner des tunes. Enfin peut-être que jme trompe. Peut-être qu’il a un business qui roule. En attendant le bus tarde. Dedans ça pue, ca se pousse. A cette heure, y a que des vieux et des chômeurs. Des gens qui ont le temps. Comme moi. J’ai oublié ma carte navigo. Je fraude. Le chauffeur me regarde mal. La voie d’une opératrice rappelle qu’il faut composter son billet. Je me cache derrière la banquette du fond. 15 stations. Les darons sont dans le 10e. Vers la gare du nord.
J’ressasse la nuit d’hier soir. La bonne vieille saoulerie de milieu de semaine. Un truc à te couper les pâtes pour 2 jours. A comater des heures. Les gens bien font ça le samedi. Le vendredi à la rigueur. De toutes façons, j’ai rien d’autre à foutre. Si pointer à l’ANPE. Je déteste mon conseiller. C’est un moraliste et un flic. Un jour si j’ai du boulot, je viendrai faire la queue 2 heures juste pour l’insulter. Peut-être même une bonne baffe dans la gueule. Il veut me radier. Peut-être que je suis déjà radié. Quel enfoiré ce type. En tous cas la soirée était bien. Paul et Allan ont vomi dans le bar. Les petits tonneaux. On s’est fait foutre dehors par un videur colossal. Un rade dégueulasse à côté du canal. Un bar d’oiseaux de nuit et de putes, de suicidaires en puissance, de jeunes qui finissent de s’écluser là en fin de soirée. On était au moins 5. Deux nanas rencontrées le soir. On s’est battue pour les ramener. Surtout la rousse. Plus le nom en tête. Mais un sacré cul. Sûrement une diablesse au pieu. Elle envoyait du rêve. Mais c’est Jonny qui l’a eu. La brune, elle est rentrée chez elle après l’épisode du vomi. Et moi jsuis rentré tout seul. Je devais pas l’intéresser. On a parlé politique. Le sujet qui m’emmerde. Le sujet qui fâche. La brune était dans un parti. Le NPA je crois. Elle croyait tout savoir. Elle avait fait de bonnes études. Une thèse de sociologie. Mais triste la nana, triste. Elle avait comme une malle de pensée. Et dedans tout bien ordonné, tout bien rangé. Elle savait tout. Elle nous expliquait comment il faut s’organiser, ce qu’il faut manger, ce qu’il faut lire, ce qu’il faut penser, qu’au fond on est une bande de jouisseur, qu’au fond on a rien compris à rien, surtout pas à la vie, que le RSA c’est bourgeois, qu’on est des anars, de droite peut-être, que l’art c’est politique, que tout est politique, qu’on est des déserteurs. Là Allan lui dit qu’elle était mal baisée. Machiste et phallocrate. La brune se barre. Paul vomi. Le baraqué arrive. On sort de force. Allan se prend un nion dans l’arcade. Il saigne. On s’insulte copieusement. Le baraqué veut appeler des potes à lui pour nous massacrer. Allan lui balance un verre à la gueule et le loupe. Le baraqué va le tuer. Le gérant s’interpose. La rousse suit Jonny. Sale veinard. Allan part dans une direction opposée, vers le nord. Il est six heures du matin. Je prends le boulevard Richard Lenoir. Jme dis qu’on a été con. On a pas su discuter avec la brune. Peut-être qu’elle serait restée avec moi. Peut-être qu’elle m’aurait appris des trucs. Elle avait la foi. Un truc que j’ai pas. Je suis rentré. J’ai dormis tout habillé. Le matin j’avais vraiment une sale gueule.

a peut - être un rapport::

le réel à plein nez

09/11/2014 - 17:27

Je suis ni de gauche ni de droite. Je suis du fond. Il n'y a pas de gauche. Il n'y a pas de droite. La droite et la gauche ça n’existe pas au fond. Le fond du réel n’est ni de droite ni de gauche. Le fond du fond du réel. C’est une cave. Le fond du fond c’est la cave ou la grotte. C’est réel. Le noir de la grotte. Le noir de la cave. C’est très réel et la gauche ou la droite n’y viennent pas. Je n’ai jamais vu ni la gauche ni la droite venir dans le fond du réel. Ou alors pour nous déloger. Nous montrer la lumière. On ne montre pas la lumière. C’est ancestral. C’est noir. Reculé. Ça remue rien. C’est cadavre. Ça craint. Les cavistes craignent. Ils puent. Ça pue le quelque chose qui repousse l’ouverture. On n’en veut pas de votre ouverture à gauche ou à droite. On veut plonger. On reste dans du plomb. On a la gueule enfoncée. On n’en veut pas de vos loupiotes. Vos spots. vos speechs et vos stats. On n’en veut pas de vos séparations. On n’est pas séparés. On est un fond sans séparation. On creuse. On vous emmerde. On n’a pas besoin d’ampoules. On n’a pas besoin de mystères. On se fout du cynisme. On s’en branle des bonnes blagues. On fonce dans le tas. On est un tas. Un gros tas de merde. Un seau de fientes dans vos gueules lumineuses, vos visages d’arrivés, vos tronches ouvertes au dialogue. La parité. Le blabla électoral. Le blabla des idées. Le blabla social. Culturel. Le blabla des écritures aussi. Des fictions. Des romans pourris et des félicitations. Des montages en grade. On n’a pas de grades. On est dégradés. On est déchus de nos droits. On n’en veut pas de nos droits. On veut la tôle. Cogner des tôles. S’enrôler dans la mouise. Et retourner dans la crasse. Y a rien qui pousse. Y a rien qui jaillit. Tout vous dit merde. La nature vous dit merde. Les enfants vous disent merde. Les étoiles vous disent merde. L’univers vous chie dessus, à gauche comme à droite.

 

Le fond cosmique

Le fond du réel est cosmique

Il rit

Le réel est cosmique

Ça fait que de rire

Le fond pouffe

C’est du réel

Le fond te pouffe à plein

En pleine poire le fond

En pleine tronche le fond cosmique te rit à plein nez

 

 

 

cogner. je cogne. je prends la cogne. cogner je prends. c’est pour moi. c’est ma tournée. j’ai mon compte. je me cogne. cognard. sale cogne. vilaine cognasse. on croise que ça en ce moment. des cogneurs et des cognettes. des qui s’en cogne. vilaines cognures. moi aussi j’ai les cogne en ce moment. j’ai mon petit coin de cogne. je sais où ça cognais. je cognais tout. j’ai toute la cognaissance pour moi. des amis cognes. des icôgnes. des gens cognus . des cons aussi, d’hypokhôgne. « cognât toi toi-même ». au moindre mot j’encogne. ça sort blanc. ça rougit. c’est noir. langagement. cogner la langue. l’autre langue. toutes les langues cognent. tous les langages à se cogner. ne plus l’ouvrir mais cogner. dans la bouche. la voix. cogner l’air. s’étouffer. poing dans la gueule. rentrer le poing et boucher la parole. cogner ce qui travaille. s’imprime. cogner les nerfs. la pensée avec un gros nez. cogner la vie. cogner à mort. 

 

Ma prison mon présent

04/11/2014 - 10:36

 

Danse errante ou palabre pastiche dogme macabre chose crâne en tête embuée de truc en fonds c'est l'inverse, je dois m'extraire :

 

On pense à la lente désintégration du souffre. Essayer de s'y tenir. Entre deux cigarettes il laisse tomber les murs. C'est le sommeil qui me donne froid. On érige des pastiches. Et tisse ce qui ne va pas. On s'extrait du mot à la parole. Entre le jardin et nous. Qui roule écrase tout. La lutte des classes au tableau. Il pétrit bien les deux choses et droit comme une tige. Elle remue son derrière en rond et ça monte. On soupçonne le jour de faire semblant. C'est dire si il reste encore un peu du monde à main. À tout bout de chants.

 

L'écriture est impossible. Je dois m'extraire. Les points me freinent. Nécessité. Voir ailleurs. Autrement. S’échapper par là. On peut s'écharper par là. Y rester. On traîne lourd la pluie n'y fait rien. Le buisson je li l'arbre je li le champs le bout. À taire. Fini par recommencer et la suite. Faire bloque. Butter. Mot contre mot. Littérature l'ablation, salive en moins silence en creux. Le nombre de perte est à brûle pourpoint. Quelques parts de là.

 

Je dois m'extraire. En sortir. Faire fumer tout ce qui coince. Ça ne vient pas. Le présent ma prison. L'écrivain en état de siège. En position. Assoiffé de quotidiens. De l'actuel renouvellement. Du renouveau sans trêve. À satiété on actualise. Toujours étrangers. De loin. Sans titre est ce qui coince. À présent ma prison.

 

Il faut pallier. Rendre. Tenir le bon moyen. Les bagnoles passent et tout ça pour une paye. J'ai froid derrière les yeux. Comment nous relier le cœur. Bâtisse, ruine, maison de maître, maison de traître. L'image s'est bien fendue de moi. On tremble ensemble c'est déjà ça. On tombe aussi. Je dois m'extraire. Y trouver mon compte à rendre. Tout cracher en force. Relier ça avec la pensée en construction. Il compte les jours qu'il reste, en boucle. Elle avale. Au moment où tourne le vide l'encéphale. L'écriture dans le sommeil. Je t'aime. Au loin la phrase qui m'empêche.

 

Il ne faut pas trop dépasser l'espace choisi. On peut rentrer ou ranger quelque chose dedans. La vie est très pratique. Vous avez le choix entre les morts ou les remords. Elle laisse glisser son tout petit espace entre ses lèvres, le tout petit espace du mot vide. Les romans de plage, les romans de gare, les romans de chambre, les poètes au courant. Tu te montre : je me tire. Hélas ça va mieux. Que de courtes pistes sans preuves. (Poètes etc.) Je dois m'extraire. Extirper mon corps de grève de la pesante boue présente. Pas de moi là. Une chose de fiction.

 

Son manche droit brave comme une image en mouvement. Le tout à l'ego n'est pas un leurre. Personne n'y est. Des bus pour transporter des habitudes. Les communs et les charges qui vont avec. En écartant le problème c'est la nuit qui s'ouvre à toi. Je dois m'extraire. Tirer dans le tas. Détitrer, destituer. Il n'a pas d'humour, préfère le sexe au salariat. C'est un plaisir de vous. Bien que le manque abonde. Je bande, sauvage et organisée.

 

Extraire. Je dois m'atténuer. Faire simple comme l'ellipse. Retrouver le courant pétrifié. Arracher. Déployer un ensemble de verbes-actions. Tracer sur les lacunes métropoles. Retrouver l'insurrection quotidienne. On se fait prendre le mot. Au ceinturon doux. La pesanteur c'est beau. Le mazout en pâte. Les mots en doute. Les lacunes pointent et ciblent. Comme traduit. Hors unique. Comme le souffle. À l'étouffé : je dois m'extraire.

 

 

 

Tu as cinq minutes pour te suicider

02/11/2014 - 17:00

Je su Cid a Trappes la mie serre aux oie sceaux du fou des rois Francs haie l’Art arabe aux paons dus. Suicide t on arc ange sot-six-étés attendus à l’H Pet foireux et pourquoi ? pour la zonzon, pour les zombies, les blouses blanches et les bis, les laxopines moi de neuroleptiques qui finissent toujours en zine, pays du désespoir la sotte-six-étés au pavillon des pendus qui après nous crevez dans cette société suicidée à la lente lo-bo-to-mie commence loin des lits d’hôpitaux mais dans le blanc du Mac hein ? touche moi l’épaule pour me dire que je ne rêve pas l’eau beau taux Mille euros du long séjour sur l’écran rivé des vacances hier encore il y avait les cocotiers mais le vent du cycle aune de l’illusion à tout emporté amer rhume de la société suicidé à attendre l’inéluctable, le mot en zine, les particules en –ol, la mou du docteur égal l’arrêt tait toi tu n’as plus la parole la bouse blanche parle pour toi les mots en zine sont les mots de ton cerveaux les mots de la sotte-ciété à te rentrer dans le ton beau sépulcre mais non tu n’as rien compris on va te masser, on va te lasser, on va t’embrasser, tu es en danger, on va te classer, on va t’aider, à te débarrasser, on va te matelasser, tu es en danger, comme ça plus rien pour dépasser, ou pour tabasser, après tu pourras rêvasser, te prélasser, te terrasser, tu pourras trépasser, sans danger (il faut suicider la société)

Je su, six dés lancés au gré du hasard suicide ton ange tête de fer ailes brûlées de la société, la tête la première piquée vers le marbre, vers la falaise du chemin de fer où indocile attente insoutenable du dernier saut paralympique tour sans parachute faut bien 5 minutes pour se décider à quitter la tour de cette société, 5 minutes avant le grand tout chousse sur le mur de la société, il y a un mur en bas, le chousse de la société te mène tout en bas, cette société veut tout faire tout chousse, il faut faire le chousse en moins de 5 minutes, la société n’attends pas, tu a 5 minutes pour te suicider, l’épreuve paralympique de la tour, le saut sans parachute ça fini en bas, en bas de la société, plein chousse dans un mur paraplégique, fin de l’épreuve dans 5 minutes (il faut suicider la société).
Suce Ide de mars ta voiture de marque japonaise, suce la moelle au chat lue maux dans la tête on meurt rie moi une dernière fois, meurtrie moi une dernière fois Toyota, le toyotisme des meurtris, il y a une foule de suicidés nippons, sotte rie de la société, je saute de la voiture de cette société, je saute cette société (il faut suicider la société).

a peut - être un rapport::

aux signataires qui réclament la grève de poètes:

30/10/2014 - 00:18

aux signataires qui réclament la grève de poètes:

Je me sens personnellement agressé par votre texte. On n'a pas à me dire ce que je dois faire, on n'a aucune éthique à m'instruire, aucun ordre qu'il soit morale ou autre venant d'une corporation à laquelle j'appartiendrai, je sais ce que je dois faire et je ne signe rien en tout état de cause.

Je sais réfléchir par moi-même, mon travail c'est la lutte, écrire et donner du poing, rendre des coups, il n'y a pas à faire grève, bien au contraire, et de toute façon ceux qui disent faire grève le faisaient déjà à l'intérieur de leur écrit, dans leur pensée même, faisait le beau en écrivant de petite choses bien instruites de références, mais c'est creux, c'était déjà la grève totale de l'écriture, donc c'est très facile de dire de faire la grève après ça.

Pas de grève !

pas de faux groupes avec des faux amis qui viennent là pour des raisons très différentes, certains étant déjà allé bien des fois à toutes les fondations (je sais ils ont prévus toutes les critiques dans leur texte les malins), l'écrit c'est déjà une lutte avec soi, en soi, quelque chose qui n'a rien à voir avec l'auteur qui signe, le droit de mon Hauteur.

Ecrivain ça veut rien dire, artiste ça veut rien dire.

Sous-merde!

Sous-merde c'est déjà beaucoup mieux.

Et la sous-merde n'a rien entendu de ce discours moraliste qui cause dans les bons endroits et les bons tuyaux, ça lui passe bien bien au-dessus de sa condition d'entravé et de sa parole calamiteuse... On n'a pas à me dire ce que je dois être, ni devenir, quelle est mon existence et si je suis dans les bons clous (dorés pour certains de la liste) de la pensée, si mon acte est juste ou non, ça c'est à voir avec l'éditeur, le lecteur, le public qui me reçoit, les gens que je croise: c'est avec eux que j'ai une discussion possible qui me remettra ou non en question, pas ce genre de texte commun, certainement pas ! je n'écris pas en commun, même si l'écrit-pute me tient, je ne signerai jamais rien de commun !

signé : Charles Pennequin.

je tuerai ta tête

23/10/2014 - 12:15

je ne sais pas si je vais me tuer je ne sais pas si je vais encore vouloir en savoir avec moi, avec ma tête je ne sais pas si c'est moi ou si c'est la tête qui veut que je me tue, si je tue le moi de la tête ou le moi de moi  je ne sais pas si je vais me faire voir en moi quand je me tuerai dans la tête quand j'aurais la bouche quand la bouche dira tout le tué de moi que j'avais dans la tête

nous marchons comme des morts, nous avons la tête basse, nous descendons à la pendaison dans la société, nous somme les familles de morts en action, nous nous dévorons sans savoir, je veux dire nous influons de la mort dans nos têtes, la mort nous permet de penser, notre action pue, notre détermination est puante aussi, honte à la vie, honte à ce néant qui tourne, il tourne autour de nous, il nous faut crever continuellement par nos actions.

je ne sais pas si je vais encore me regarder

je ne sais pas si je vais apprendre à plus me voir

le jour où j'apprends à plus me voir je saurais me regarder

je regarderais le trou où je me suis parlé la dernière fois

la dernière fois où je me suis vu

j'ai essayé d'ignorer ma tête quelques instants

j'ai essayé de m'oublier en tête

quelques temps avant de me revoir

de me revoir en mots

sortis tout droits du trou d'où j'aurais disparu

disparu de ma vue

comme un cloporte

un petit trou en moi pour creuser l'être. pour mettre en terre le cerveau. pour le brancher au mort qui parle dans mon crâne. il y a toujours un mort qui parle dans notre crâne. le mort nous sort. il sort de l'intérieur du trou. pour nous vômir de lui. on est vomit de nous avec le mort. c'est le mort qui veut nous vider de nous. parce qu'on est de trop. on est toujours en trop quand on habite chez l'autre. il nous faudrait un chez soi plus commode. plus petit. avec un tout petit trou. pour mettre le tout petit cerveau. on le tiendrait au bord. on serait en bouche. on serait à nous. au bord de lui. et toujours prêt à sortir.

j'ai comme un trou en moi. un gros trou de mort. et c'est tout moi. d'être mort. ou d'être en le trou d'un mort. le mort qui sort. il sort tout seul. il va dehors. le mort sorti seul est dehors. et le gros trou de lui est dedans. le gros trou de mort c'est moi.

je plante un gros clou dans mon crâne. j'ai décidé. j'ai voulu faire un trou avec le marteau. je cogne. ça rentre. ça veut rentrer dans le crâne. le clou me perce. la tête peut regarder dehors. elle peut respirer de l'air. je peux enfin vivre avec un trou en tête.

planter des gros clous dans mon crâne de mort. dans le petit mort en moi. la petite tête. je voudrais faire des trous comme le gruyère dans le cerveau petit mort. comme ça il peut se voir en trou. il peut penser ses petits trous de mort en lui. il peut devenir les petits trous. il peut se voir en mort mais comme le gruyère. je peux faire des trous avec la perceuse aussi. sur tout mon corps le petit mort. les petits trous de lui-même pour respirer. pour voir le mort par tous les bouts. pour se revoir en trous. en trous bien morts. et faire des trous dedans comme dans la pâte. creuser dedans comme dans du pain. pour que ça lève. mais le mort ne se lève pas. la pâte est cuite. le pain est plein. il faut creuser vers le dedans. pour enlever la mie. avec un bon gros bout de gruyère sur la table. et puis les petits trous de nous en dedans. les petits trous qui continuent toujours en moi de creuser.

un jour je tuerai ta tête. un jour je tuerai. je serai tué. le jour où je te tue. je tue ta tête. un jour. une journée pleine et entière consacrée au tuage de ta tête. un jour je tue la tête qui t’a faite. la tête faite toi. je me la fais. je me payerai ta tête le jour. celui où je me suis mis dans l’idée de le faire. de faire la tête à toi. je te tuerai en tête. en tête le toi. je le mettrai dedans. je le mets dans ma tête. ma tête de mort de tête. je tuerai la mort de toi en moi. en ma tête. ou je la ferai vivre. je ferai vivre l’envie de te voir mort. tu es déjà mort en moi. tu es le mort de moi. mon propre moi. mon mort. ma tête. tu me tues. tu es ma mort pleine et entière en une journée. une journée à vivre le moment de toi dans ma tête de mort. c’est le jour plein. c’est plein de la tuerie de tête aujourd’hui. de la tuerie bien pleine. comme une bonne tête. une boule bien pleine. ou comme un œuf. le cerveau mort est comme un œuf cuit dur. on tape dedans. comme dans le dur de l’être. on voit le blanc. on voit sortir le cuit. tout le cuit dur de nous. ça sort en plein. ça sort au jour. le plein de tête dans du plein air. ça sort de nous. tout le vivant ressort de par le haut. le plein de vie. il sort toujours tué.

 

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