Charles Pennequin et Armée Noire

Blog Armée Noire

 

 

ajourner

30/06/2014 - 14:21

 

On sourit d'habitude     de tares la langue va     on ne sait pas quoi dire     du moins pas que ça     ne voulait pas dire ça     voulait dire autrement     aurait préféré dire l'autre     dire indirectement      on ne voulait pas rire     on s'imagine     on s'invente à l'antérieur      qu'on avait pas le bon     le mot manque     qu'on à que ça       le geste mutin      le travers du mot manquant     la maladresse de la voix     on attendait rien     on se dit que ce n'était pas ça     que l'histoire est passée     c'est table rase maintenant     même ça ne suffit pas     le tout-mis-de-côté revient       ni une ni deux de l'habitude     comme un retour de moyen     quelque chose de vraiment moyen   

-oui, chaque tentative d'expression est dure et sans compromis,
chaque tentative d'expression essaye d'en finir avec l'expression.

 

 

Le mot lourd le mot lent

feignant malaise séchant

bon an mal an peu sur

surtout épais le mot

bloque le mot frein buttant

dedans peinant porté

en sorti le mot manque

sans souffle mot pousse

mot nan l'écart le grand

retenu le mot nu

de le sortir en vain

séparé des silences

et la suite est sans fin

 

 

Chaque jour se poursuit chaque jour revient chaque jour se condamne chaque jour se maintiens chaque jour se répète. Matin après matin c'est le même sommeil le même impossible. Midi après midi c'est la même suite la même faim le même vide. On cherche chaque jour la chose qui vient, on cherche chaque jour à réchauffer sa petite boulette de viande morte. Mais ce n'est pas bon. On se laisse surprendre par le goût du temps, amer, gluant. Chaque jour on se dit demain. Chaque jour on essaye de voir un peu plus loin. On y est pour rien, c'est de notre faute, c'est notre faute, c'est nous la faute. Le raccourcie est fait. Une condition d'homme à rebours qui voudrait inventer chaque jour des passions nouvelles, qui chaque jour voudrait en finir avec les mauvais jours qui recommencent. La société menaçante insiste chaque soir et répète l'habituel et gentil tu as fait quoi aujourd'hui. Aujourd'hui je t'ai attendu, aujourd’hui je suis mort et je t'ai attendu. Aujourd'hui j'ai espéré demain, aujourd'hui je n'ai pas mangé, aujourd'hui j'ai perdu ma langue, j'ai oublié de vivre. Chaque jour on repousse au jour qui vient un éventuel peut-être, avec conviction. Le quotidiens cherche sa petite boulette de viande à réchauffer, un truc à mettre sous la dent qui se démet. Chaque jour m'abandonne et je cherche à m'en détacher. Mais chaque jour me colle à la peau comme le quotidiens qui vient.

 

 

 

 

non

Dans
27/06/2014 - 10:48

est-ce qu'on a le droit de formuler une critique a-t-on le droit de ne pas aimer ça de pas être d'accord. comment peut-on procéder pour que nous yeux ne voient pas ça, comment faire pour ne pas se salir. des idées. Quelqu'un ?

j'ai le droit d'habiter en ville.

pourquoi ont-ils eux le droit de m'imposer quand je marche dans la rue, internet, leurs marques, leurs visuels, leur idéologie, leurs phrases, le visage mort de leurs mannequins, leurs hommes politiques, noms de de tortionnaires,

je n'ai pas le choix, c'est ça la démocratie, je n'aime pas,

t'as qu'à vivre dans une grotte connard chieur aigri râleur vieux con avant l'âge pourri

je suis ce que je vois ce que j'entends ce que je sens, respire et c'est l'asphyxie générale alors j'avance à la pioche à l'ongle

on a le devoir l'obligation de ramasser citoyens ça dans la tronche de boire tous ce fatras d'être imprégné imbibé par ce mauvais alcool sans goût ça t'as le droit

contrer
placer un contre une pichenette un mot juste pas accepter poser une plaque une petite affichette
contre

même seul

dire
le mot
non

tu comprends c'est non non et non si tu comprends pas je vais te le répéter :

non

La France

20/06/2014 - 21:22

Animal politique en voie de disparition, un zoo vide de la France, un petit mammifère la France, animal recroquevillé, mammifère mouillé la France, une France invertébrée, une France qui en a plein dans le nez, vivarium la France, un pays de marais, un pays de batraciens la France, ça mange des grenouilles les petits mammifères, ça se mange entre soi la France, ça mange dans son petit nid, c’est un petit nid la France, un petit nid de mammifère, un nid où faut bien tout couver, un nid pour s’isoler et s’enfermer, la France est en-train de nidifier, comme les petits mammifères, la France est en-train de s’isoler, surtout quand elle mange, la France faut pas la déranger, surtout quand elle se gave la France, un nid gavé la France, le gavage aux Français, une batterie où on se gave la France, derrière il y a une zone d’épandage, mais cachée par le nid, on a le nid pour se cacher, la batterie des mammifères s’est bien gavée, derrière il y a une zone d’épandage prête à déborder, il faut la cacher, il faut bien l’isoler la merde des français, la batterie sent mauvais, il faut se boucher le nez, il faut s’enfermer dans son vivarium, mais ça risque de puer si c’est enfermé, pas grave comme ça on ne verra pas l’épandage de la batterie française, le nid commence sérieusement à puer, on s’y est trop gavé, le zoo français est déserté, ça sent trop mauvais, il faudrait les laisser seuls ces petits mammifères, qu’il restent à végéter dans leurs marais, jusqu’à ce que ça se mette à tellement puer qu’ils pourront plus se sentir eux-mêmes les français, en attendant ils grenouillent dans leur marais, dans le marais bien français, dans le marais des gavés, dans un marais isolé, un marais qui va pas tarder à couler, à couler avec tout son épandage français, la batterie française va couler, le nid va couler dans le marais français, on sera débarrassé du nid et des batteries, ça sentira plus mauvais, on pourra respirer !

Le Français il l’aime bien la France, la France c’est son vin son nez rouge sur fromage blanc, son béret bien enfoncé sur tête et sur bouche, (le français il aime bien la France), son petit carré vert avec forêt derrière, la France c’est tout vert, la France c’est ouvert dit le gentil français qui pourtant s’est garé derrière trois grillages deux caméras qui filment un bouledogue armé d’un flingue « Allez cassez-vous y a rien à voir circuler ! » on vous dit la France c’est ouvert « Allez dégage de l’ouverture » il dit le français, Sarkozy aussi il était ouvert, il a fait de l’ouverture, il a joué une défense française, il en a ouvert quelques-uns Sarkozy, c’est ouvert la France on vous dit, allez dégagez mais c’est ouvert hein ? vraiment n’hésitez pas à venir et à dégager, de toutes les façons c’est ça la défense française, c’est une ouverture fermée, (le français il aime bien la France fermée) car la France c’est un Finistère, c’est en voie de fermeture, la France est un garage presque fermé, un magasin qui a fait faillite, un magasin en forme de Finistère, la porte du magasin est ouverte mais c’est fermé, c’est ça l’ouverture à la française, toujours en défense, toujours enfermée derrière son ouverture française, comme Sarkozy, enfermé à l’Elysée, l’Élysée c’est un Finistère, un magasin qui est presque fermé, il faut fermer l’Élysée, il faut fermer tous les magasins français en forme d’Élysée, il faut en finir avec les Finistères et les champs-élysées, la défense française est finie, on perd toujours avec une partie fermée (e7-e6), l’Élysée perd toujours, Sarkozy a perdu, les Français sont des perdants, la défense française prend trop de buts, elle a raté son ouverture l’équipe de France, partie fermée la France a perdue 3 à 0, elle a raté l’ouverture du match, la France a perdu sur tapis vert, parce que la France c’est tout vert, l’équipe de France a perdu sur sa pelouse, sa pelouse était verte et la France a pourtant perdu, (mais le Français il aime bien la France verte).

a peut - être un rapport::

écrire sans plus

20/06/2014 - 15:38

 

Enfant fin de siècle. Cette jeunesse déjà vieille, à la laisse, comme pour sauver les meubles d'un salon garnis de mites, rongé par les verres, nous la tenons comme un souvenir, un disque, que l'on se repasse, qui finira par sauter. Il fallait bien commencer. Mettre fin dès le début. Pour ne pas espérer plus . Et essayer d'y voir clair, débarrassé quand tout cogne. Tu as le planché, le plafond, les carreaux, le poussier, l'enfant, la jupe. Tu as tout ça, et c'est bien fait. Dehors tu ne comprend plus. Tu croises quelques grossièretés contemporaines, mélanges de teinture et de plastique et de graisse et de haine. Il pleut dehors comme dedans, tu t’irrigue de poison, comme pour rire, comme pour dire, comme pour feindre ou fendre l'hydre qui te pousse, mais l'abreuvoir t'assèche, plus encore, t’essore, te rince. Comme pour rire. Ou alimenter ta petite course de fond, à celle là tu t'y rend. Tu es plein de cœur en dedans plein d'envie et les mots ne suffisent pas, tu cherches, appel, inventes, appuies, invites, c'est la solitude qui te suit. L'homme à la mémoire d'un poisson et se laisse prendre volontaire à l'ennuie. Pas bien dans tes pompes, malgré le choix, d'apparence, d'extérieur. La guerre commence. Petit siècle vomi. Fatigué, tu ne voulais pas tout ça, et la jupe, le plafond e cetera. Pas comme ça. Petit homme-compresse, petit brasier. Gris-clown est le surnom que l'on t'a craché.

 

 

Tout croise. Se croisant le faire. Se croyant dedans. Autour de force à ne dire mot. Au tour de qui. C'est à qui maintenant. Le mot falaise. Celui qui choix plus qu'un autre. Le bien tombé. Celui qui l'a. Sisyphe. Le bien portant. Vers quoi il pousse. Son tas de mots. Sa tourmente acceptable. Rebond prévisible, on ne sait jamais. Sa pâte de poids. Sa matière de sens. Grise. Tout ça tout choie. On nous donne le choir. Et les mots se chourent. Se font la malle. S'emballent se mâchent se méprennent. Grise. Se fondent. On se demande à tour de rôle. À tour de bras. On se met mot au murmurant que tout choie dans l'entourmement. Le mot en rôle plus d'un. Et ça se refile vite. Le mot entre. Se défile. Sans attendre la corde raide. Sans jeu. Gravite grimpe grince grouille grabuge gras comme en gros, mot-montante, inversé du dépassement. L'entourmenté gis entre des lignes silencieuses. Profile sa marche boiteuse, arythmique. J'aime le mot lacune. Il n'y a pas assez de mots. Dans la profusion comme dans le manque. La parole est terrifiante.

 

 

-Nous sommes sans montante dans les villes. Sans relief ni vent. Le temps est invariable. Et les saisons, synthétiques, comme le tulle. Au fond, entêtant comme le vide. Littérale rature, la boucle. Chacun de tes mots se ressemble. C'est la même tapisserie de fond. Je ne sais pas où marcher. C'est le même fond du bout. Je ne veux plus longer les murs et les routes. Croiser les mêmes fenêtres les mêmes bagnoles les mêmes bruits à écouter les même trottoirs la même cheville qui penche. Se répéter. Non, vraiment, Je ne sais pas où aller. Je cherche les montantes les grandes sourdes les rageuses, grondantes, tonnèriques, l'extrémité de la terre, ou la rencontre des pôles. Mais le goût dedans revient. J'écris que je ne sais pas dire. Et il en va ainsi.

 

 

( les points de fuites peuvent. Et la matière assemble. Chaque phrase est passée, dans en ensemble confus. Au dehors, quelques arbres, d'autres horizons. La lumière du jour, électrique, nucléon. Fuite, non. Archers, en ligne, contournent. )

 

 

Texte : courtes explications sur les pièces. ( Scolie: Rembrunir & Le Gris clown )

 

03-04-05- ( 3 dessins à la plume , encre noire sur papier épais et buveur, 500x650mm, 2014)

loc. Corpus de dessins débuté en 2013, originellement appelée Bosons .
2-Série dite répétitive ou de rotation. (cf : spin entier), ex : Une accumulation sélective de/dans la matière noire.
3-traduction dessinée de compositions musicales.

 

Réaliser la nuit- (encre industrielle sur cartes routières 1m20x50cm x27, 2011-2014)

Ouvrage fébrile et fragmentaire composé de cartes routières rembrunies ( recouverte ou recouvrant la nuit ) à l'aide d'une teinture industrielle.

ex. loc. :
1-Le territoire est recouvert,
2-les légendes disparaissent,
3-il s'agirait de se perdre,
4-de réaliser la nuit.



 

Je suis la leçon à apprendre ! Je suis la baguette le tonfa la matraque je suis la mort ! Je suis paisible ! Je suis Zen mort ! Paisible je suis dans toi ! Je te conduit avec ma bonne connerie ! On se marre ! On à l'argent pour ça ! Pour t'écraser la tronche ! Je pas content de toi ! Pas contentant de rien envers toi ! Toi jamais ! Toi seras pas ! Toi non ! Moi je !
(extrait) 

 

 

carcéral d'écrire c'est cassé vertèbre cérébrale carcérale de crane dedans c'est hors c'est rat le corps râle carne désorganisé carné et céphalé barreau barrette cellophane carcéral écrit car ses ténèbres et le ventre abyssale crâne valse cloisons sales d'écrire seul dans le temps à la geôle le papier la cantine pain sec quart d'eau long quart d'heure écourté écouté cassé c'est carcéral d'écrire tout autant que ça libère

 

 

Je cherche à me souvenir des mots d'hier, tous ceux que je n'ai pas pu prendre, noter, mettre à l’écart, bien au chaud, ceux que je n'ai pas pu retenir. Je me rappel la nuit, un trajet de nuit, ces trajets de nuit, où les arbres sont blancs et le reste un jeu d'ombres, éclairé par les lumières artificiels des hommes, quand chaque lieu devient scène et l'herbe d'un vert presque plastique. Seuls les images restent où l'on est sur que rien ne tienne. Et l'inquiétante étrangeté devant laquelle on passe, regard fixe, ni plus, ni moins. On se dit que la répétition n'est pas un but, ni méthode, ni fin en soit, que le ressac est celui de la langue, celle qui vient s'échouer dans l'irrégulier que nous sommes, celle que l'on cherche, encore. Quand à la faute, on aimerait bien penser qu'elle passe, qu'elle n'est pas notre, qu'elle était là déjà, ou la leurs. Mais il faut tout prendre, tout embrasser, tout retenir, devenir faute si il faut, créer des lacunes. Je cherche à retrouver la langue de la nuit dernière mais il y a le vide. Tout est clair alors, l'écriture est un manque à combler par l'écriture, mais on est pas sur d'avoir été compris. Que résiste t-il ? Et si chaque échange est vain, pas tous, oui. C'est le trajet qui tiens. Une route nocturne, grandes lignes blanches sur la droite, petites lignes blanches sur la gauches, plus nombreuses. La rythmique de notre siècle, partition et le sommeil à porter, en bande d'arrêt, d'urgence.

 

 

Une femme à lu un texte sur les fleurs. Un ressac sur les fleurs. Je porte des fleurs. Je porte des fleurs en collier. Je ne sais pas de qui est ce texte. J'ai pensé à Charles ou Christophe. La lecture était plate comme je les aimes. Une lecture plâte et involontairement plâte. C'est à dire sans rien d'autre que la voix qui porte les mots. Une voix sans intention. Une voix qui ne sait pas ce qu'elle lit. C'est comme cela que je lis. Sans intention. Je li en essayant de comprendre mais le son de ma voix empêche le sens de la phrase. Alors je li sans plus. Il faut lire sans plus. Et j'ai entendu lire sans plus les fleurs portés au coups. Et je me suis senti peu de chose. Dehors brûlait un four en papier. En papier, de grille et de bois. Un four, en papier de grille et de bois brûlait.

 

 

La répétition n'est pas une méthode. Pas un but. Pas une fin. La répétition n'est pas un leurre. N'est pas réchauffée. Ou alors la répétition est par essence réchauffée. Refaite. Car déjà faite. Une répétition jamais faite n'existe pas. Ce qui se répète est déjà fait. Mais la répétition n'est pas une tromperie. N'est pas là pour perdre qui que ce soit. La répétition se pense. La pensé est une répétition. On peu penser se répéter. Et se répéter sans le savoir. On peu penser la répétition. La répétition peut être un chemin. Une trajectoire. Quand je marche je répète le même geste. Jambe après jambe. J'avance. Pieds, je chemine. Et pourtant je ne répète jamais tout à fait pareil. Jamais tout à fait vraiment.  

 

 

 

 

 

C'est rigolo la vie

18/06/2014 - 10:55

chouchouchouchouchouchouchouchoucheuchuchocho...

 

au lieu de regarder du foot

18/06/2014 - 00:46

au lieu de regarder du foot j'ai écrit un texte au lieu de regarder du foot j'ai fait du foot mais pas avec mes jambes j'ai dribblé mais pas avec mes pieds au lieu de regarder du foot j'ai regardé mes pieds et puis je me suis dit oh et puis non je regarde pas le foot au lieu de regarder du foot j'ai pensé un peu et puis après je me suis assis car c'était déjà du sport et puis au lieu de regarder du foot j'ai écrit que c'était pas bien de regarder du foot alors j'ai pas regardé le foot mais comme j'aime pas le foot ça me coûte rien de dire que je regarde pas le foot alors au lieu de regarder du foot j'ai pris mon pied et puis après j'ai pris l'autre pied et puis je me suis dis oh et pis non je regarde pas le foot en fait je vais plutôt aller me promener et j'ai vu des crs tout de noir vêtus qui attendaient dans les rues au lieu de regarder du foot

TROUE LA BOUCHE, film.

09/06/2014 - 00:00

Troue la bouche, film publié avec le livre du même nom aux Bains douche à Alençon. 2011

 


troue la bouche par charlespennequin

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