Je vois. Je vois voir. Je le vois d’ici. Je vois le voir d’ici de la vue mienne. Mais je vois aussi d’une autre vue qui n’est pas mienne. C’est-à-dire que je vois le voir non mien qui voit ce que je vois. Il voit mon voir. La vue de voir qui voit et moi. Car moi je le vois. Je sais dans l’œil de la vue de lui le voir de moi. Je sais mon moi dans le voir vu. Je crois savoir. Car je vois tout le vu, ou presque. Tout le presque est dans le voir de la vue de lui aussi. Il manque de l’ici et du là-bas dans les deux vues. Car le ici et le là-bas se font aussi toujours voir autrement. Je vois une partie de l’ici dans la vue que je vois et la vue qui me voit voit un ailleurs qui est autre que la vue de là-bas. On ne voit pas tout de là-bas ou d’ici. On ne voit pas l’ici si on est ici et on ne voit pas tout du là-bas non plus si on est là-bas. Et pareil pour là-bas qui voit pas tout de lui ni de nous. C’est-à-dire s’il est dans son ici il ne le verra que partiellement. Nous sommes ici. Lui est là-bas. C’est un lui qui n’est pas tout lui surtout quand il nous voit. Et moi pareil, je ne vois pas tout de moi dans l’ici. Je ne vois ni l’ici totalement ni le totalement moi. Je ne suis jamais totalement moi surtout si je veux me voir ici tout en regardant là-bas. Je ne peux pas tout faire et en même temps si je vois là-bas peut-être que je me vois mieux que si je me regardais uniquement dans cet ici. Si je suis plongé uniquement dans l’ici je ne verrai déjà rien de là-bas et il n’est pas sûr que je voie mieux que si je trainais mon regard au loin. Pareil pour l’autre qui se trouve là-bas, c’est-à-dire pour celui qui me voit. Il n’est pas ici mais il est dans une sorte d’ici quand il est là-bas à me regarder, il se voit peut-être plus dans une totalité que s’il était dans son ici de là-bas à se regarder uniquement, car il n’aurait peut-être pas un ailleurs que j’appelle moi ici. Il serait dans une moitié d’un ici à lui mais une autre partie lui échapperait, ici ou là, quoi qu’il fasse. Il peut échapper à son ici qui ne devient qu’un là-bas qu’en venant ici me contempler de là-bas. Du coup son ici et son là-bas, associé au mien, donne une idée plus complète de la vue nôtre. Du coup, je peux dire je le vois. Je ne vais pas tarder à me voir aussi là-dedans, ici et là-bas, dans cet ensemble de vues. Je suis pas loin de me voir dans la vue sienne et lui réciproquement. Nous verrons tout le savoir des vues ou presque, on ne restera pas ignorant longtemps pense-t-on. On est en vue de se voir en tout cas. C’est déjà ça. C’est pas loin de profiter à tout le monde, toutes ces vues qui vont ainsi profiter en proliférant, avant d’éviter le visible. Car c’est ça qu’on ne veut plus voir au final. On voudrait voir du non vu qui nous aveugle un peu moins que le visible d’ici ou de là-bas. L'invisible de nous, on voudrait le voir surgir. On voudrait voir surgir tout l’invisible de partout.